Alors que les cours du pétrole connaissent une hausse rapide en raison du conflit au Moyen‑Orient, le Gouvernement annonce de nouvelles mesures d’accompagnement destinées aux professionnels du transport, de l’agriculture et de la pêche. Ces secteurs, fortement dépendants des carburants, subissent un impact direct sur leurs charges d’exploitation et voient leur trésorerie fragilisée.
Cette mobilisation interministérielle, pilotée par le ministère de l’Agriculture et le ministère de la Transition écologique, fait suite à plusieurs semaines de concertation avec les représentants professionnels. Elle vise à proposer des solutions rapides, opérationnelles et accessibles.
Un contexte de tension sur les coûts énergétiques
La hausse du pétrole et de ses dérivés se répercute immédiatement sur les dépenses des entreprises : approvisionnements, déplacements, transport de marchandises, carburants agricoles. Pour les TPE et PME du transport routier comme pour les exploitations agricoles, la capacité à absorber ce choc est limitée.
Le Gouvernement met donc en place des dispositifs conçus pour alléger temporairement les charges courantes et préserver la continuité d’activité des entreprises les plus vulnérables.
Les mesures d’urgence mobilisables dès à présent
1. Report des cotisations sociales pour les entreprises de transport
Les entreprises du transport routier peuvent solliciter un report de leurs cotisations sociales, sans frais ni majoration auprès de l’Urssaf.
Cette mesure vise à offrir un soutien immédiat en trésorerie pour les structures confrontées à une hausse exceptionnelle du poste carburant.
Consulter la fiche dédiée : Crise de l’énergie – Report de cotisations sociales pour les entreprises de transport
2. Report des cotisations sociales pour les exploitations agricoles
Les exploitants agricoles peuvent également demander un report de leurs cotisations à la MSA.
Ce dispositif concerne les exploitations impactées par l’augmentation du coût des intrants et des énergies, devenue difficile à absorber dans un secteur déjà sous pression.
Consulter la fiche dédiée : Crise de l’énergie – Report de cotisations sociales pour les exploitations agricoles
3. Étalement des échéances fiscales pour les métiers du transport et de l’agriculture
Les entreprises peuvent saisir leur direction départementale des finances publiques (DDFIP) afin d’obtenir :
- des délais supplémentaires de dépôt,
- un échelonnement des paiements,
- ou une remise de pénalités.
Les demandes seront étudiées en tenant compte du contexte conjoncturel lié à la crise énergétique.
Consulter la fiche dédiée : Crise de l’énergie – Étalement des échéances fiscales
4. Prêts de trésorerie de court terme
Bpifrance met en place des prêts exceptionnels pour soutenir les TPE et exploitations agricoles rencontrant des difficultés de trésorerie liées à l’augmentation du carburant. Ce levier vise à fournir des liquidités pour passer le cap de la hausse des coûts.
5. Souplesse bancaire et modulation du prélèvement à la source
Le Gouvernement a engagé des discussions avec les réseaux bancaires et les distributeurs afin d’encourager une approche plus flexible dans le traitement des situations individuelles. Parallèlement, les indépendants peuvent ajuster ou suspendre leurs acomptes de prélèvement à la source via le portail en ligne impots.gouv.fr.
Des mesures structurelles toujours actives
En parallèle, les exploitations agricoles peuvent bénéficier des prêts de consolidation garantis par l’État, opérés par Bpifrance.
Ces prêts ont été assouplis et prolongés en 2026 :
- jusqu’à 600 000 € pour les exploitations,
- jusqu’à 5 M€ pour les coopératives viticoles et arboricoles,
- garantie publique de 70 %.
Ils visent à réaménager les dettes et renforcer durablement la trésorerie agricole.
Une mobilisation renforcée dans l’ensemble des filières
Le secteur du transport bénéficie par ailleurs d’une mesure technique supplémentaire : le Comité national routier publiera désormais les indices gazole tous les 15 jours (contre une fois par mois auparavant), afin de permettre aux entreprises d’ajuster plus rapidement leur facturation et de limiter les décalages de trésorerie.
Les chargeurs sont également encouragés à réduire, autant que possible et dans le respect du cadre légal, leurs délais de paiement aux transporteurs.
Le réseau des CCI, un relais essentiel pour orienter les entreprises
Aux côtés des services de l’État, le réseau des Chambres de commerce et d’industrie reste pleinement mobilisé pour accompagner les entreprises confrontées à la hausse des coûts énergétiques.
Présentes sur l’ensemble du territoire, les CCI assurent un rôle de proximité : elles informent les dirigeants sur les dispositifs mobilisables, les orientent vers les bons interlocuteurs administratifs et financiers, et les aident à évaluer l’impact de la crise sur leur activité.