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La trésorerie, révélatrice de l'état de santé de l'entreprise

22 septembre 2015

Surveiller sa trésorerie doit être une préoccupation constante du chef d'entreprise. Chacun sait que les problèmes surgissent lorsque la trésorerie vire au rouge. Or celle-ci est un révélateur de l'état de santé de l'entreprise. L'anticipation permet d'éviter ces soucis. Des soutiens adaptés existent pour répondre aux différentes causes conduisant à un déséquilibre de trésorerie.

Plusieurs comparaisons peuvent permettre d’illustrer le rôle et l’importance de la trésorerie de l’entreprise.
  • première comparaison : comme dans la pratique de la bicyclette, l’exercice consiste à maintenir l’équilibre dans le mouvement, quelle que soit la nature du terrain et ce, sans artifice. Etre à l’arrêt avec les pieds au sol ou avancer avec des stabilisateurs ne permet pas de dire que l’on sait faire du vélo.
  • seconde comparaison : comme le classique problème du récipient percé que l’on remplit en même temps, la trésorerie de l'entreprise est une question de flux : les encaissements d’un côté, les décaissements de l’autre. Conserver le bon niveau dans le récipient n’est pas simple, surtout si les 2 flux sont irréguliers.
  • troisième comparaison : la fièvre n’est pas en elle-même une maladie mais simplement un indicateur qui signale la présence d’une infection. Mais attention, il est possible d’être en mauvaise santé et de ne pas avoir de fièvre et la mesure de la fièvre n’apporte aucune réponse sur la nature du mal ni son origine. Après la cession d’une immobilisation ou une opération de déstockage, la trésorerie est sans doute reconstituée, mais s’il existe des problèmes de rentabilité, rien n’est corrigé.
Pareillement, la trésorerie de l’entreprise est la résultante de nombreux paramètres qui caractérisent le fonctionnement de l’entreprise. Sa situation se modifie chaque jour, d’où la nécessité d’une surveillance très attentive. Observer la trésorerie à un instant T n’a pas de sens en soi, c’est le maintien du bon niveau d’équilibre dans le temps qui importe.

La trésorerie : révélateur de la situation de l'entreprise

Le niveau de trésorerie est la conséquence de nombreux événements qui vont l’impacter directement. Certaines causes l’entraînent vers le rouge, l’existence de l’entreprise est alors menacée.
Certaines causes peuvent survenir brutalement comme la défaillance d’un client. Dans ce cas, le ou les encaissements programmés ne seront pas effectués et le passage d’échéances, elles aussi déjà programmées, sera difficile voire impossible. Selon l’importance de l’encours, la situation peut devenir subitement mortelle pour l’entreprise. Le dirigeant dispose alors de peu de temps pour prendre les décisions qui s’imposent.
Certaines causes s’installent progressivement voire sournoisement :
  • l’allongement des délais des paiements clients et son symétrique, le raccourcissement des délais de paiements fournisseurs,
  • le ralentissement de l’activité qui réduit les ventes donc les encaissements,
  • la contraction des marges qui fait que le différentiel entre encaissements et décaissements s’amenuise,
  • les stocks qui augmentent parce que l’on continue de produire ou d’acheter alors que les ventes baissent,
  • le recours à l’auto financement, qui est une très bonne solution pour siphonner la trésorerie, etc.
Certaines causes sont structurelles et sont sans doute les plus mal admises par ceux qui subissent cette situation. Ceci est notamment vrai lorsqu'on a sous-estimé le BFR, soit lors de la séquence de démarrage de l’activité, soit à l’occasion d’une séquence de développement.

Comment maintenir l'équilibre ?

Le principe de base du bon équilibre est que l'entreprise doit vivre avec une trésorerie positive. C’est à dire que le Fonds de Roulement doit couvrir le Besoin en Fonds de Roulement (BFR). Lorsque cette situation n’est pas tenue, l'équilibre est maintenu grâce aux apports extérieurs de différentes natures. Certaines de ces solutions sont plus ou moins fragiles dans le temps et sont soumises aux aléas du contexte économique et de l’environnement financier. Certaines aides publiques existent pour soutenir temporairement la trésorerie de l'entreprise. Ces dispositifs sont à mobiliser dans des cas bien précis.
Autre principe de base : sauf situation particulière, la trésorerie doit être considérée comme "arme de guerre" pour protéger l’exploitation. L'entreprise ne doit pas auto-financer ses immobilisations et elle doit faire sienne cette règle simple :

usage long = financement long ; usage court = financement court.

Enfin, la tenue régulière du tableau de trésorerie est la plus élémentaire des recommandations. Une fois en place, cet outil permet de pouvoir anticiper sur les impacts de telle ou telle modification sur le rythme de ses encaissements et de ses décaissements.

Soutenir la trésorerie dans l'exploitation au quotidien

Le besoin d'un crédit court-terme peut intervenir à plusieurs moments de la vie de l'entreprise. Bpifrance peut garantir l'octroi de nouveaux crédits court terme(1) ou la consolidation de ceux déjà existants. Cette garantie peut notamment servir à couvrir les crédits pour financer le renforcement du BFR.

Soutenir la trésorerie en phase de développement

Une autre règle est connue de tous mais est souvent négligée : le BFR est proportionnellement lié au chiffre d’affaires. Le BFR croit en valeur si le chiffre d'affaires augmente. Cette croissance est même souvent accélérée car, en période de croissance de l’activité, les causes de disfonctionnement augmentent : tout va plus vite, les sources de désorganisations deviennent plus nombreuses, etc. La satisfaction et l’euphorie du moment empêchent de voir les difficultés qui vont surgir dans quelques mois.  Le dérèglement du BFR est la maladie qui guette l’entreprise en développement.
L'entreprise en développement peut connaitre une période où le rythme de ses décaissements est  supérieur au rythme de ses encaissements. Dans l'attente des encaissements, l'entreprise doit continuer à conserver sa trésorerie en équilibre. Plusieurs dispositifs peuvent l'aider dans cette période. Pour les entreprises qui répondent à des commandes publiques, Bpifrance a mis en place Avance +(2). Cette aide couvre l'entreprise contre tout retard de paiement pour les encaissements provenant du secteur public (sociétés d'économie mixte, collectivités locales, établissements publics, etc.). Ceci permet donc à l'entreprise d’alimenter sa trésorerie à date certaine.
Le préfinancement du CICE(3) de Bpifrance est un autre moyen de soutenir la trésorerie des entreprises. Le CICE (Crédit d'Impôt Compétitivité et Emploi) est calculé en fonction des rémunérations des salariés dont la rémunération brute annuelle est inférieure ou égale à 2,5 fois le SMIC. Le montant de crédit d'impôt obtenu au titre du CICE peut représenter un apport non négligeable de fonds. Dans l'attente de l'obtention du CICE, Bpifrance permet aux entreprises de préfinancer cette somme, afin de soutenir leur trésorerie. L'entreprise peut ainsi tirer parti de cette recette et engager des dépenses de développement, dans l'attente de bénéficier véritablement des effets du crédit d'impôt.
Dans le cadre d'un projet d'innovation, un préfinancement au titre du CIR(4) (crédit d'impôt recherche) est également possible auprès de Bpifrance. Ce préfinancement remplit les mêmes objectifs que le préfinancement du CICE : apporter à l'entreprise qui mène son projet de recherche ou d'innovation un apport de fonds dans l'attente de récupérer les bénéfices du CIR.

Renforcer les financements sur le moyen et le long terme

Comme leur nom l’indique, les solutions dites "court terme" ne permettent pas de corriger durablement la situation de l’entreprise. Rouler en permanence avec des stabilisateurs illustre l’état de fragilité et n’inspire pas à s’engager sur une longue route.  Il faut donc trouver, autant que faire se peut, à remplacer les solutions court terme chroniques par du moyen long terme.
Le dispositif mis en place par le Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables milite pour cette solution. En effet, l'octroi de crédit moyen terme est relativement difficile à obtenir pour les entreprises, et surtout les TPE (Très Petites Entreprises). Cela est d'autant plus vrai lorsqu'il s'agit de financer un accroissement du BFR, ou le fonctionnement de l'exploitation. Les TPE ayant un besoin de financement inférieur à 25 000 € peuvent profiter de l'"assurance modérée" de leur expert-comptable. L'Ordre des Experts-Comptables a négocié avec plusieurs réseaux bancaires un appui aux demandes de financement des TPE(5). Cette "assurance modérée" fournit à la banque de l'entreprise la validation de la cohérence des hypothèses des états prévisionnels retenus par l'entreprise. L'entreprise présente ainsi à sa banque une demande de financement avec des gages de crédibilité.
Des organismes publics ou privés proposent des prêts participatifs. Ceux-ci sont un habile compromis technique puisque, comptablement, ces prêts viennent renforcer les fonds propres de l’entreprise. Ils offrent donc un effet de levier important bien utile pour restructurer financièrement l’entreprise.
Pour les entreprises en forte croissance, l'entrée au capital de nouveaux actionnaires peut être une opération à envisager. Ces nouveaux actionnaires peuvent notamment être des fonds d'intervention en fonds propres. Pour les entreprises innovantes, Bpifrance a mis en œuvre une garantie des fonds propres(6). Cette garantie couvre les risques pour les sociétés de capital-risques ou autres investisseurs qui réalisent un apport en fonds propres à l'entreprise innovante.

La trésorerie de l’entreprise peut être son talon d’Achille. Toute négligence ou manque de prévoyance à ce sujet peut être fatal. Selon les natures de besoins, les causes et les situations, il existe un arsenal de réponses appropriées. Toutefois, ces opérations peuvent apparaître complexes pour qui ne les pratique pas régulièrement, d’où l’intérêt de se rapprocher de professionnels et d’en discuter en premier lieu avec son expert-comptable.


Rendez-vous sur le parcours Difficultés financières - Trésorerie(7).
Vous pourrez y chercher les aides adaptées à votre situation financière.

Les aides pour la prévention des difficultés d'entreprises sur Les-aides.fr(8)

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